Madame Delacroix s’approcha du miroir, les mains tremblantes, puis ouvrit lentement l’écrin de velours. À l’intérieur, le second collier brillait sous la lumière du chandelier… absolument identique à celui que portait la jeune fille.
— C’est impossible… murmura-t-elle. Ce collier appartenait à ma fille… le jour où elle a disparu.
La servante sentit son souffle se bloquer.
— Disparu ? répéta-t-elle faiblement.
Madame Delacroix ferma les yeux une seconde, comme si elle revivait un cauchemar qu’elle avait essayé d’enterrer pendant des années.
— On m’a dit qu’elle était morte… mais je n’ai jamais vu son corps. Seulement ce collier manquait… et depuis ce jour, j’ai compris qu’on m’avait menti.
La jeune fille porta instinctivement la main à son pendentif. Des souvenirs flous remontèrent en elle : une berceuse, une odeur de jasmin, une grande maison, une voix douce qui répétait un prénom qu’elle n’avait jamais oublié.
Pas celui qu’on lui avait donné à l’orphelinat.
Un autre.
Éléonore.
Madame Delacroix pâlit brutalement.
— C’était… le prénom de ma fille.
Les larmes remplirent les yeux de la jeune domestique. Elle fit un pas en arrière, incapable de parler. Toute sa vie venait peut-être de basculer en quelques secondes.
Mais soudain, la porte de la chambre s’ouvrit violemment.
Un homme entra, le visage fermé, les yeux noirs de panique.
— Ne lui dis pas la vérité ! cria-t-il.
Madame Delacroix se retourna, glacée.
Et l’homme lâcha, d’une voix tremblante :
— Parce que la nuit où elle a disparu… quelqu’un dans cette maison l’a vendue.
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